Rentrée en maternelle, rythme de sommeil, acquisition de la propreté, gestion des tempêtes émotionnelles… L’entrée à l’école est une étape clé dans le développement de l’enfant. Découvrez les clés de la neurobiologie et des conseils pratiques pour traverser cette transition sereinement.
1. Les vérifications de santé et le rythme biologique
Vue et audition, les prérequis discrets
D’abord les vérifications d’usage pour évacuer un problème de vue ou d’audition qui pénaliserait votre enfant dans ses apprentissages : Faites vérifier la vue et l’audition de votre enfant.
La propreté, déconstruisons les idées reçues
Si votre enfant n’est pas propre à l’entrée en maternelle, il fait partie des 20% d’enfants qui vont acquérir la propreté dans l’année.
L’instruction a été rendue obligatoire dès 3 ans depuis la loi Blanquer de 2019, auparavant les lois Ferry rendaient l’instruction obligatoire à partir de 6 ans ; donc au niveau physiologique, beaucoup d’enfants ne sont pas continents à l’entrée en maternelle ; il n’y a donc aucun règlement qui ne saurait interdire l’entrée; mais des aménagements seront sans doute proposés.
L’acquisition du contrôle des sphincters est une étape de maturation physiologique qui se fait généralement entre 2 et 4 ans et chaque enfant évolue à son propre rythme. S’il n’a pas encore eu le déclic avant l’entrée en structure, il l’aura sans doute à l’école en voyant faire ses camarades.
Le rythme de sommeil et la sieste
Si votre enfant fait encore une grande sieste les après midi et que vous n’avez pas la possibilité de le récupérer pour qu’il ne fasse que les matinées à l’école et les après midi à la maison, il se peut qu’il mette un peu de temps à se défaire de sa sieste et du temps de sommeil que l’on lui laissait auparavant et qu’il n’a plus. S’il est « ronchon » en fin de journée, n’oubliez pas qu’il est en train de modifier (sous contrainte) son rythme. Le coucher plus tôt sera sans doute une des solutions pour l’aider à se réguler.
2. Adaptation sociale : Laisser du temps à son enfant
L’intégration auprès des camarades
Si votre enfant n’investit pas ses camarades de jeux comme les autres, donnez-lui un peu de temps, certains enfants attendent déjà avec impatience de rentrer en maternelle, d’autres non : Certains enfants ont évolué en crèche, ou en MAM (Maison d’Assistantes Maternelles) et ont pris l’habitude de la collectivité ; d’autres ont grandi chez une « nounou » et vont devoir s’habituer au rythme, au bruit, aux règles, etc. Cela peut prendre plusieurs mois.
Que faire si l’enseignant vous alerte après 15 jours ?
Si l’enseignant vous interpelle 15 jours après la rentrée des classes pour vous parler d’éventuelles problématiques avec votre enfant, ne prenez pas tout de suite ces informations au pied de la lettre, votre enfant est en train de franchir une étape importante, il faut lui laisser le temps de s’adapter !
Les signaux d’attention à observer
Voici quelques points d’attention néanmoins :
- Votre enfant ne joue pas,
- Votre enfant ne s’intéresse pas aux autres enfants,
- Votre enfant ne vous regarde pas dans les yeux, ne pointe pas les objets,
- Votre enfant a des difficultés pour tenir un objet dans ses mains ou lancer un ballon (avec la main ou le pied),
3. Que se passe-t-il dans le cerveau de votre enfant (3-6 ans) ?
- Explosion des connexions nerveuses : c’est la période où le cerveau consomme le plus d’énergie de toute la vie d’un être humain. Le cerveau continue sa construction.
Tempêtes émotionnelles : le rôle de l’amygdale et du cortex préfrontal
Le cerveau « émotionnel » (système limbique) est mature et hyperactif. L’amygdale agit comme un signal d’alarme, elle va réagir de façon très forte au stress, à la frustration et à la fatigue.
C’est cette zone qui est responsable des fameuses « tempêtes », ou dysrégulations émotionnelles. Comme le cerveau supérieur (cortex préfrontal) n’est pas encore mature, il ne peut modérer cette zone.
Le cerveau supérieur (cortex préfrontal) est en plein développement ; il ne sera d’ailleurs mature totalement qu’autour de 25 ans…
Le cortex préfrontal gère ce que l’on appelle les fonctions exécutives : raisonnement, planification, inhibition des impulsions et empathie.
- Un enfant de 4 ans qui tape ou ne partage pas son jouet, n’a pas la maturité biologique pour inhiber son premier mouvement ou se projeter à la place de l’autre enfant.
En conclusion, le cerveau d’un enfant de 3/6 ans ne peut pas se calmer seul face à une surcharge émotionnelle, il a besoin d’un adulte CALME pour activer , par contagion, son propre cortex préfrontal.
L’explosion du langage et du développement moteur
Le lobe temporal est en phase de maturation accélérée, il travaille la mémoire et les zones du langage. Entre 3 et 6 ans, le vocabulaire de l’enfant passe d’environ 500 mots à plus de 2500 mots.
Il faut encourager l’enfant à jouer, à imaginer des histoires.
La répétition est indispensable, car les connexions synaptiques inutilisées seront éliminées, tandis que celles sollicitées souvent se renforceront.
Le cervelet et le lobe moteur sont en cours d’accélération rapide, ils permettent à l’enfant de développer son équilibre, sa coordination et sa motricité fine. Il va apprendre à tenir un crayon, découper, faire ses lacets, fermer les boutons de sa chemise, etc.
4. La Co-régulation : 6 étapes pour apaiser une crise d’émotions
- Avant d’intervenir auprès de l’enfant, être soi-même calme et disposé à l’aider. Si l’enfant ressent notre tension ou agacement, il va les capter et cela va accentuer la crise.
- Réduire les stimuli extérieurs (éteindre les écrans, la musique, s’éloigner des autres enfants ou adultes..)
- Se mettre à la hauteur de l’enfant, le regarder dans les yeux. Garder une posture ouverte et neutre. Parler d’une voix douce et lente.
- Si l’enfant accepte le contact, lui proposer un câlin appuyé (ancrage corporel). S’il refuse d’être touché, rester assis près de lui à une distance d’un ou 2 mètres, en lui disant : « je suis là, avec toi, tu es en sécurité ».
- Aider son cerveau supérieur à reprendre le dessus : « je vois que tu es en colère car ta tour de kapplas est tombée, je comprends, c’est difficile ». On ne lui donne ni tort, ni raison , on valide simplement l’intensité de ce qu’il ressent.
- Proposer un verre d’eau, un moment calme (raconter une histoire, écouter de la musique, aller s’allonger..). Aider à la respiration avec son doudou : poser le doudou sur le ventre de l’enfant et le faire monter/descendre grâce à sa respiration abdominale.
Vous ressentez le besoin d’un accompagnement personnalisé ?
Chaque enfant évolue à son propre rythme. Si la rentrée suscite des inquiétudes ou des difficultés d’adaptation au sein de votre foyer, n’hésitez pas à me contacter pour échanger ensemble !
